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A qui profite la cocaïne ? (1/2)

En 1990, le responsable de la DEA à New York démissionne après vingt-cinq ans de maison. Âgé de 46 ans, il avait cinq cent agents sous ses ordres. Il peut enfin parler.

Ses critiques envers la politique antidrogue du président Bush sont violentes: les méthodes et les moyens dont l'administration fédérale se vante le plus sont les moins efficaces. Ni la hausse constante du nombre des arrestations, ni l'élimination de certains des plus gros patrons colombiens du trafic, ni les opérations militaires en Amérique latine, ni le renforcement continuel de la surveillance aux frontières des États-Unis n'ont permis d'endiguer le lux de cocaïne déferlant sur New-York et les autres grandes cités américaines. 

L'administration Bush consacre 70% des fonds fédéraux à la répression; les responsables politiques de Washington font l'impasse sur les programmes de prévention parce qu'ils les considèrent comme dépourvus de political appeal. Ils ne produisent que sur le long terme; ils sont donc beaucoup moins spectaculaires, médiatiquement moins "attrayants que des agents enfonçant des portes ou des avions qui se font la course au-dessus des côtes de Colombie."